La corruption

Être ou avoir

Lorsqu’on parle de corruption, on pense immédiatement à des pratiques malhonnêtes touchant l’argent. Elles existent. Mais le vrai danger, c’est la corruption de l’être.

La corruption de l’esprit

La corruption évoque les pots-de-vin, les contraventions qu’on fait sauter, les « affaires ». Mais la vraie corruption s'est bâtie sur des bases beaucoup plus profondes. Elle est principalement dans l’esprit de l’homme, elle s’est infiltrée dans son cœur, pour que toute sa vie ne soit réduite qu’à une combinaison pour gagner de l’argent ou pour dominer. Dès l’instant où l’on veut prouver qu’on est supérieur, dès que le respect de soi et de l’autre disparaît, il y a corruption.

La corruption c’est aussi la séparation en castes

En nous coupant les uns des autres par le rang social nous abandonnons une qualité essentielle de l’homme : la fraternité.

Le Christ nous a mis en garde contre tous les noyaux de la société : les marchands du temple, les pharisiens et leur conception morale qu’Il dérangeait. Et l’on a recréé tout ce monde-là aujourd’hui et nous sommes heureux et fiers de faire partie de ces castes ! On a créé des sociétés pour que les castes ne se fréquentent pas entre elles, pour entretenir la fragilité des peuples et tout le climat des guerres. Alors le bourgeois ne parle pas au commerçant, et le notable évite l’ouvrier, etc. On a séparé tous les hommes par couches sociales comme s’il existait des inférieurs et des supérieurs. Mais si nous voulons que notre Terre vive, il faut que les humains puissent au moins se connaître et fraterniser.”

Yvonne Trubert

L’abandon de la dignité

La corruption commence dès l'instant où l’on enchaîne l'homme. Et le premier des servages, c'est quand l'homme perd sa dignité. Il est dramatique qu'avec l'argent, on puisse acheter des consciences. Cela signifie que plus rien n'a de valeur en soi et que le sens des responsabilités familiales, sociales ou spirituelles a disparu. Lorsqu’il n’y a plus que l'argent pour se sentir exister, c’est que l’on a construit un rempart contre les autres et contre l’essence même de ce que nous sommes. Est-ce cela vivre dans une société évoluée ou libérée ?

« Réussir » qu’est-ce que c’est ?

Qui n'a pas envie de « réussir » ? Si vous ne « réussissez » pas, vous êtes considéré comme un raté. Donc il faut réussir, pour cela on est capable de faire n'importe quoi et pour grimper toujours un peu plus, on magouille, on compose avec notre conscience…Les hommes grimpent ainsi sans se rendre compte qu'ils sont manipulés et, parvenus au sommet, ils se rendent compte du vide, du creux, de l'absence d'amitié. Commence alors le trouble. On veut faire machine arrière. La déprime arrive, on se crée une maladie et l’on est surpris de se retrouver à l'hôpital. Et pourtant on avait cru réussir sa vie…

Réapprendre à vivre

ArgentIl n’est pas question d’arrêter de gagner de l’argent. Ce n’est pas possible. Il faut que la vie se perpétue. Simplement il ne faut pas que cela se fasse au détriment de l’être. On a appris à l'homme à se défendre, à lutter, à se battre, à monter dans la société, mais jamais à vivre. Pourtant, dès la première enfance, pour ne pas dire dès la gestation, l’enfant est réceptif à tout. Il sent, il voit tout, il entend tout. Si, au lieu de l’élever dans une structure où la majorité des gens ne travaillent que pour l’argent, il est dans une structure d’amour, il va s’en enrichir et ne demander qu’à s’épanouir. C’est pour cela que le noyau familial est fondamental. C’est une question de vie ou de mort pour notre société... Dans les sociétés futures, « faire fortune » ne voudra rien dire. L'homme fondera ses actions et sa pensée non plus sur le système de l'argent qui n'est qu'un leurre mais sur un système d'amour et de compréhension mutuelle. La société future n'est possible qu'en réapprenant à vivre.